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Endométriose et flux libre instinctif

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Voilà une question qui est légitime de se poser, et que l’on m’a demandée assez souvent : peut-on pratiquer le flux libre instinctif lorsque l’on a de l’endométriose.

Ci-dessous je vais vous exposer mon humble avis.

Attention : chacune reste responsable de sa pratique, il est absolument nécessaire que chacune reste responsable de son corps et à l’écoute de ses ressentis.

1. Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose, c’est la migration de cellules de la muqueuse utérine sur d’autres tissus : ovaires, ligaments, intestin, colon, péritoine, etc. Parfois l’endométriose est asymptomatique, mais dans certains cas elle entraîne des douleurs invalidantes notamment pendant les règles.

Plusieurs hypothèses sont en cours concernant l’explication de cette pathologie. L’une des hypothèses serait ce qu’on appelle les menstruations rétrogrades. C’est-à-dire le passage du sang par les trompes transportant des foyers endométriaux.

D’autres explications en cours, mais c’est cette théorie qui nous intéresse et nous interpelle pour la pratique de la continence menstruelle.

2. Relier endométriose et flux libre instinctif/ continence menstruelle

Pour comprendre si la pratique du flux libre instinctif est un danger lorsque l’on a de l’endométriose, il faut comprendre le mécanisme de base de ce phénomène.

Tout comme je l’aborde en profondeur dans mon livre Le Guide Du Flux Libre Instinctif, aux éditions Jouvence. Il s’agit de libérer le sang au bon moment et non de le retenir en soi.

Schéma utérus - endométriose

Contrairement à d’autres moyens (tampons, cup) qui maintiennent en interne le sang qui devrait être évacué, à l’intérieur de notre corps, parfois pendant des longues heures. La pratique du flux libre instinctif ne permet pas ça.

Aujourd’hui cette pratique, encore très mal comprise, est sujette à des raisonnements erronés.

Éclaircissons ce point :

Une femme qui se connecte naturellement à sa capacité de continence menstruelle, va être amenée à ressentir les étapes de l’écoulement du sang, depuis les contractions de l’utérus entraînant la libération de l’endomètre, jusqu’à son évacuation. Ces différentes étapes prennent du temps et peuvent être ressenties par la femme. Ainsi, la femme, en se connectant à ses sensations peut anticiper l’écoulement du sang et aller aux toilettes sans urgence pour libérer le flux.

En pratiquant, on se rend bien compte qu’il n’est pas réellement possible de retenir le sang en soi plus de quelques minutes à la dernière phase de l’écoulement. Et là n’est pas le but de la continence menstruelle. C’est bien avant, depuis les contractions utérines que l’on va prévoir un futur passage aux toilettes, anticipé 30 minutes à 45 minutes à l’avance. Ainsi le rythme physiologique de l’écoulement de nos règles est pris en compte et non déjoué.

Au lieu de vouloir retenir le sang en soi, on ”l’accompagne” pour le libérer aux toilettes (plutôt que dans un tampon ou une serviette de manière involontaire).

Le sang ne s’écoulant pas en continu mais par phase, la femme n’a pas besoin de passer sa journée aux toilettes pour gérer son flux mais ne peut y aller que toutes les 2H (cela va dépendre du jour des règles et des femmes). Un certain nombre de techniques permet de mieux ressentir et maîtriser la nature de notre flux menstruel comme c’est largement abordé dans mes différents contenus.

Ainsi, si l’une des causes de l’endométriose seraient les menstruations rétrogrades, une bonne pratique de la continence menstruelle (aussi appelée flux libre instinctif) permet au contraire de favoriser son écoulement naturel.

Je pense au contraire, que la rétention du sang via un tampon ou une cup favoriserait plus les menstruations rétrogrades.

3. Rester alerte et vigilante

Évidemment même si dans la théorie, l’endométriose et la pratique de la continence menstruelle (aussi appelée flux libre instinctif) ne sont pas incompatibles, il est nécessaire de rester vigilante et à l’écoute de notre corps.

  • D’après les nombreux témoignages les douleurs diminuent lorsque l’on pratique le flux libre instinctif. Si vous ressentez que c’est le cas, vous pouvez poursuivre en toute confiance.
  • Si au contraire les douleurs ont tendance à augmenter (sur au moins 2 cycles) je vous invite fortement à faire une pause dans votre pratique pour évaluer le lien de causalité.

Il est nécessaire de ne pas subir la pratique de la continence menstruelle et d’avoir les bonnes techniques pour éviter les dangers de mauvaises pratiques (crispations périnéales, etc..)

4. Mon expérience personnelle

Mélissa Carlier diagnostiqué d'un endométriome

Je n’ose pas beaucoup parler de moi, mais je pense que mon expérience peut en aider certaines.

On m’a diagnostiqué un endométriome (endométriose ovarienne) récemment.
Pratiquant le flux libre instinctif depuis des années, je pense sincèrement que ma pratique m’a aidé à canaliser les douleurs.
Je vis de temps en temps des périodes de menstruations très douloureuses et d’autres pas du tout et j’ai remarqué que lorsque j’évacue mon sang aux toilettes, cela estompe mes douleurs.

Étant clairement dans cette situation où je pratique le flux libre instinctif tout en ayant de l’endométriose, je prends le parti de poursuivre car cela me fait du bien et me connecte profondément à mon corps.

Évidemment, chaque cycle est différent et même si 9 cycles sur 10 je pratique la continence menstruelle en conscience. Il m’arrive occasionnellement de lâcher complètement sur un cycle car j’en ressens le besoin. Je ne me force jamais à pratiquer la continence menstruelle, et à chaque fois je vis clairement le flux libre instinctif comme un cadeau, JAMAIS comme une contrainte.

Source :

Inserm : Endométriose

EndoFrance : Qu’est-ce que l’Endométriose ?

L’alimentation anti-endométriosique de Fabien Piasco

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